pour la prévention des cancers,
des maladies vasculaires et des effets néfastes des drogues licites (alcool,
tabac, médicaments…).
Pour connaître notre mission et nos coordonnées,
cliquez ici
(Le texte qui suit peut être imprimé : il comporte
25 pages A4)
___________________________________________________________________________
1 - L'alcool éthylique et les boissons alcooliques
2 - Le métabolisme de l’alcool
4 - Les propriétés et effets de l’alcool éthylique
5 - Les phénomènes généraux liés à une alcoolisation répétée
6 - Les causes de l’alcoolisation en France
- les causes individuelles déterminantes ;
- les causes favorisantes liées à l’environnement.
8 - Les perturbations du systèmes nerveux
- les perturbations simples en rapport avec une alcoolisation passagère et légère
- les perturbations chroniques dues à une alcoolisation habituelle
9 - Les alcoolomanies ou alcoolo-dépendances
- ses caractéristiques
- ses causes
- un cas clinique courant
- le principales formes cliniques des alcoolo-dépendances
10 - Les affections favorisées par les boissons alcooliques
11 - La pathologie alcoolique et le facteur familial
12 - La promotion de la sobriété
CH. I L'ALCOOL ETHYLIQUE ET
LES BOISSONS ALCOOLIQUES
L'ALCOOL ETHYLIQUE.
Appelé improprement «
alcool » par simplification, c'est une molécule de formule CH3 CH2 OH.
C’est un liquide
incolore, volatil, d'odeur faible, de saveur brûlante, miscible à l'eau en
toutes proportions, qui entre en ébullition à 78°5 à pression normale et dont
la densité est 0,8.
L’alcool éthylique (ou
éthanol) provient de la fermentation des hydrates de carbone (glucides) - mais il
peut aussi être obtenu par synthèse.
La découverte empirique
des boissons alcooliques a précédé très largement l'étude scientifique du
processus de fermentation alcoolique réalisée seulement à la fin du XIXème
siècle.
LA FERMENTATION DES HYDRATES DE CARBONE
La fermentation est un
phénomène chimique complexe comportant plusieurs étapes dans lesquelles le
glucose se transforme en éthanol.
Elle s'effectue sous
l'influence des enzymes de certains micro-organismes très répandus dans la
nature, principalement des levures. Ceci explique le fermentation spontanée de
certains produits.
Les hydrates de carbone
de types divers (glucose, fructose, saccharose, amidon, cellulose...) sont
présents dans de nombreux produits végétaux : jus de fruits, tubercules, grains...
La fermentation
nécessite une température optimale aux alentours de 30°. Elle entraîne un
dégagement de gaz carbonique et aboutit à un liquide contenant de 3 à 20°
d'alcool.
LES DIVERSES BOISSONS ALCOOLIQUES
provenant de la fermentation sont :
- le vin : il
provient de la fermentation du jus de raisin
. il contient de 7 à 20° d'alcool (suivant les normes de
la C.E.E ) ;
. il représente 70 % de la consommation alcoolique en
France ;
- la bière : elle provient de la fermentation des grains d'orge soumis au
préalable à un processus de germination artificielle (le maltage) qui
transforme l'amidon en produit fermentescible
. elle titre de 2 à 8° d'alcool ;
. on y associe du houblon qui fournit l'amertume ;
- le cidre : produit de la fermentation du jus de pommes fraîches
. il titre 5° environ ; le cidre doux de 2 à 3° ;
- le poiré : produit de la fermentation du jus de poires fraîches ;
- l'hydromel : produit de la fermentation du miel.
LA DISTILLATION
C'est une opération
destinée à obtenir des produits dont la concentration alcoolique est supérieure
à celle des produits de fermentation. Elle se fait surtout par évaporation puis
par condensation par refroidissement.
Sous le nom d'« eau-de-vie
», l'alcool concentré par distillation (40 à 60°) fit longtemps figure de
remède miracle, rare et coûteux.
LES PRINCIPALES BOISSONS provenant
de la distillation sont :
- les eaux-de-vie ou alcools de fruits provenant :
. du vin (Cognac, Armagnac... titrant de 40 à 54°) ;
. de moûts de raisins (fine champagne) ;
. de fruits divers : cerises (Kirsch), pommes (Calvados),
prunes, framboises...
- les eaux-de-vie ou alcools de grains : orge, seigle, maïs, blé, riz (whisky, gin,
vodka).
LES AUTRES BOISSONS ALCOOLIQUES sont :
. les apéritifs à
base de vin (Birrh, Cinzano, Porto,
Madère, Dubonnet, Saint-Raphaël...) titrant de 15 à 23° ;
. les apéritifs à
base d'anis (Berger, Pernod, Ricard, Pastis..) de 45 à 51°;
les liqueurs ou digestifs aromatisés
et sucrés (Bénédictine,
Cointreau...) de 20 à 60° ;
. le rhum qui
provient de la fermentation de la mélasse de canne à sucre ;
. les cocktails, mélanges de boissons distillées, dont le degré
alcoolique élevé est gustativement camouflé par divers ingrédients.
Suivant le Code des Débits de Boissons, les boissons sont classées en cinq groupes,
cette classification conditionne leur statut juridique, leur régime fiscal
ainsi que leur vente et leur consommation.
1° groupe : les
boissons sans alcool ;
2° groupe : les
boissons alcooliques fermentées : vin, bière, cidre, vins doux naturels ;
3° groupe : les vins de
liqueur, les apéritifs à base de vin, les liqueurs de fruits ne titrant au
maximum 18° ;
4° groupe : les alcools
provenant de la distillation des vins, cidres, rhum, sans addition d'essences
et liqueurs édulcorées, contenant 200 à 400 gr de sucre par litre ;
5° groupe : toutes les
autres boissons alcooliques.
LE DEGRÉ ALCOOLIQUE D'UNE BOISSON
Il définit la
concentration en alcool éthylique de cette boisson. C'est le pourcentage volumétrique
en alcool pur.
Quand on dit, par
exemple, qu'une boisson titre 12°, cela signifie qu'un litre de cette boisson
contient 12% d'alcool pur à 100°, soit 12 cl ou 120 ml.
Ainsi,
. cette boisson contient
donc sensiblement le 1/8ème de son volume en alcool pur ;
. ces 120 ml
représentent en poids 96 gr. (0,8 gr x 120 ) ;
. un litre de vin à 12°
contient ainsi autant d'alcool pur que 1/4 de litre d'eau-de-vie à 48°.
LES COMPOSANTS TOXIQUES DES BOISSONS ALCOOLIQUES
AUTRES QUE L'ÉTHANOL
Outre l'éthanol, les
boissons alcooliques contiennent bien d'autres produits élaborés aussi pendant
la fermentation ou la préparation. Plus de 200 ont été identifiés dans le vin. Les
principaux produits toxiques sont des aldéhydes
(en particulier l'acétaldéhyde dont la toxicité est considérable), des esters, des alcools autres que l'éthanol (notamment le méthanol dont la
toxicité sur le nerf optique est redoutable), des cyanures dans les eaux-de-vie de fruits à noyaux (les cerises
surtout).
A ces substances il faut associer certains additifs et contaminants. Issus de la fabrication, de la
conservation ou autres manipulations agro-industrielles, ces produits sont
extrêmement divers. Citons notamment : les pesticides, les terpènes provenant
des écorces de fruits, les phytotoxines provenant de champignons.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
ABSORPTION
Quelle que soit la
boisson qui en est le support : vin, bière, cidre, apéritif, digestif...,
l'alcool absorbé traverse rapidement la paroi de l'estomac et de l'intestin et
passe dans le sang. Dans le tube digestif il se comporte plus comme un toxique
que comme un aliment : en dehors d'une très faible partie, il ne subit aucune
transformation de la part des secrétions gastriques.
L'alcool arrive ensuite
au foie.
Ce transit est d'une
durée variable : de 15 à 30 minutes lorsque le sujet est à jeun, d'une à
plusieurs heures si l'estomac contient des aliments (voire de 4 à 5 heures
après un repas riche en graisses).
DIFFUSION
Du courant sanguin
l'alcool se répand dans les différents organes : cerveau, foie, cœur, rate, rein… et dans les produits
d'excrétion : lait maternel, salive, urine...
Cet espace de
diffusion, ou espace solvant, est évalué à 70 % du poids corporel chez l'homme
et à 6O % chez la femme (dont le tissu graisseux est constitutionnellement plus
important).
L'appréciation de
l'alcool dans le sang, soit l'alcoolémie, traduit l'imprégnation alcoolique à
un moment donné.
TRANSFORMATION - ÉPURATION - ÉLIMINATION
La plus grande partie
de l'alcool absorbé (soit 90 % environ) est métabolisée (on dit encore «oxydée
» ou « brûlée ») dans l'organisme, principalement dans le foie.
Le reste (soit 10 %
environ) est éliminé tel quel par les poumons et l'haleine (ce qui permet de le
doser à l'aide d'un appareil), par les reins (ce qui permet aussi le dosage dans
les urines: l'alcoolurie) et par la peau.
Ce métabolisme
s'effectue par divers mécanismes qui aboutissent à la transformation de
l'alcool en produits moins toxiques. Il reste que l'un d'entre eux,
l'acétaldéhyde, est encore très toxique pour les cellules du foie et que les
acides gras qui sont produits sont un facteur de surcharge graisseuse.
Il faut noter aussi :
- qu'il semble y avoir une production de substances
morphiniques, substances qui pourraient expliquer certaines modifications du
psychisme, modifications de l'humeur (l'euphorie) et, chez le sujet qui
s'alcoolise de façon habituelle, d'une part un seuil élevé de tolérance à la
douleur physique et morale, d'autre part certaines perturbations mentales comme
la dépendance.
COEFFICIENT D’ÉTHYL-OXYDATION (ou vitesse d'oxydation)
Il représente la
quantité d'alcool qui peut être métabolisée par heure dans le foie.
Ce coefficient chez
l'homme est en moyenne de 0,1 gr par kg de poids, mais les variations
individuelles sont notables (de 0,05 à 0,2).
Il est à peu près
constant chez un même individu et reste sensiblement identique quelles que
soient les circonstances : ni l'effort physique, ni le froid notamment
n'accélèrent l'oxydation de l'alcool.
Il est augmenté de
façon très importante (voire de 100 %) chez le grand consommateur de boissons
alcooliques.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
L'alcoolémie représente
la concentration d'alcool dans le sang. Elle s'exprime en grammes/litre.
CALCUL DE L’ALCOOLÉMIE MAXIMALE
L'alcoolémie peut être
calculée approximativement par la formule de Widmark :
A =
p
P x e
p
= poids d'alcool pur ingéré exprimé en grammes
P
= poids du sujet exprimé en kilogrammes
e
= un coefficient
Le coefficient (e)
représente la fraction du corps apte à jouer le rôle de solvant de l'alcool.
Variable suivant les individus (car les tissus s'imprègnent d'alcool de façon
différente suivant leur constitution), il vaut en moyenne :
- chez l'homme : 0,7 si la boisson alcoolique est prise en dehors
d'un repas ;
1 si la boisson alcoolique est
prise pendant un repas ;
- chez la femme : 0,6 si la boisson alcoolique est prise en dehors
d'un repas.
Exemple :
Lorsque un homme de 70
kgs absorbe un verre de table contenant 1/6ème de litre de vin à 12°, ce qui représente
20 ml ou 16 grammes d'alcool pur à 100°, son alcoolémie maximale atteint
théoriquement :
A = 16 =
0,30 gr environ, si l'absorption
est faite en dehors d’un repas 70 x 0,7
A = 16 =
0,20 gr environ, si l'absorption
est faite pendant un repas
70 x 1
Les facteurs qui influencent l'alcoolémie
L'alcoolémie n'est pas
une donnée simple. Comme tout dosage biologique, elle est l'indicateur d'une
situation à un moment précis. De plus, de nombreux facteurs interviennent pour
modifier le pic d'alcoolémie, lequel, de ce fait, n'est pas obligatoirement
parallèle à la quantité d'alcool ingéré. Ces facteurs sont représentés par :
- le jeûne : l'alcoolémie est
nettement plus élevée lorsque la boisson est bue à jeun ;
- les aliments : un repas riche en protéines abaisse l'alcoolémie d'environ 35 %,
un repas glucidique de 50 % ;
- l'état du tube digestif : chez les malades gastrectomisés (malades
ayant subi l’ablation de l’estomac), l'alcoolémie est plus élevée et son pic
plus précocement atteint que chez le sujet normal. Ceci du fait du passage
direct de l'alcool dans le duodénum où l'absorption est particulièrement rapide
;
- la teneur en sucre des boissons alcooliques : c'est le fructose qui est le plus efficace
pour abaisser le taux d'alcoolémie. Or la teneur en sucre des boissons
alcooliques est très variable (elle est quasi nulle dans le vin ordinaire : 1,8 %) ;
- le sexe du sujet : pour une même quantité de boisson alcoolique
absorbée l'alcoolémie est habituellement moins élevée chez l'homme que chez la
femme.
Mais d'autres facteurs
peuvent intervenir : la fatigue, les médicaments, l'hérédité…
La courbe d'alcoolémie
a) Après
absorption d'une dose unique de boisson alcoolique on constate :
1° - une phase d'alcoolémie croissante
La courbe monte pour
atteindre son maximum 3/4 d'heure environ après l'ingestion si cette ingestion
est faite entre les repas, 1 h.1/2 environ après si cette ingestion est faite
au cours d'un repas.
2° - une phase d'alcoolémie décroissante
La décroissance est
d'abord rapide puis elle se ralentit ensuite avant de suivre une courbe de type
exponentiel. La courbe baisse de 0,15 gr en moyenne par heure (chiffre qui peut
être retenu pour estimer rétrospectivement l'alcoolémie à l'occasion d'un
accident par exemple).

b) Après
absorption répétée de boisson alcoolique, on constate :
La courbe présente un
aspect « en dents de scie ». Si une nouvelle ingestion a lieu alors que
l'alcool de la prise précédente n'est pas éliminé, il y alors une accumulation
de l'alcool dans l'organisme : l'alcoolémie peut atteindre des taux élevés en
fin de journée.

------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
L’ÉTHANOL-DROGUE TOXIQUE
Du fait de sa capacité à
coaguler l'albumine, l'éthanol est un toxique pour toute matière vivante.
Cette toxicité se
manifeste avant tout :
- sur le système
nerveux
.
les perturbations nerveuses et mentales qu'il entraîne sont multiples ;
. l'alcool a,
en effet, une grande affinité pour les cellules nerveuses.
- sur le foie
car la plus
grande partie de l'alcool absorbé y est métabolisée.
Cette toxicité porte
également sur d'autres organes et tissus de l’organisme :
- le pancréas, le cœur, certaines glandes à sécrétion
interne...
- les éléments du tube digestif : œsophage, estomac,
intestin grêle...
L’ÉTHANOL-NUTRIMENT
Fait particulier,
l'alcool éthylique est un de ces rares produits qui, bien que toxique pour
l'organisme, est capable, en étant métabolisé, de fournir de l'énergie.
Un gramme d'alcool
donne en effet 7 kcal.
Le produit peut ainsi
apporter une certaine énergie utilisable par les cellules. En raisonnant
strictement du point de vue nutritionnel, on peut donc dire que 1 litre de vin
à 12° apporte :
. en alcool éthylique : 96 gr., soit 670 kcal. ;
. en substances diverses : 25 gr, soit 40 Kcal. ;
. en eau : 900 gr ;
soit un total de 710
Calories.
Pour la bière, les
mêmes observations sont à faire en notant toutefois que ce produit contient
davantage de glucides que le vin.
Cet apport d’énergie ne
revêt qu’un intérêt théorique : il n’est qu’exceptionnellement utile ; en
pratique courante il s’associe toujours à un effet toxique ou, tout au moins, à
un effet de surcharge.
L’ÉTHANOL-MÉDICAMENT
Du fait de son action
sur le système nerveux il a été utilisé autrefois comme anesthésique pour pratiquer certaines interventions chirurgicales
Par son action
antimicrobienne, il est toujours utilisé comme désinfectant des plaies superficielles.
Par ailleurs, depuis
quelques années, on reconnaît à l’alcool une
action bénéfique sur les artères en s’opposant à la formation de plaques
d’athérome. Ces plaques, qui se constituent sur la paroi interne des artères et
qui font obstacle au passage du sang, sont à la base des maladies cérébro et
cardio-vasculaires dont on connaît la fréquence et la gravité dans notre pays.
Toutefois, cette action
favorable ne s’exerce qu’avec de petites doses d’alcool (de l'ordre de 1 à 2
verres de vin par jour pour un adulte) et non avec des doses plus importantes.
Du fait de ce rôle
potentiellement bénéfique sur le système artériel, certains médecins, en France
particulièrement, se sont crus autorisés à préconiser une certaine consommation
alcoolique.
Il faut considérer que
cette recommandation « médicale » de boire quotidiennement une certaine dose
d'alcool est tout à fait malheureuse :
elle résulte d'une vue très partielle du problème de santé en jeu...
Il faut savoir que
l'Organisation Mondiale de la Santé, en 1994, s'est élevée avec force
contre tous les propos qui laissent
croire qu'une consommation limitée d'alcool pourrait être «bonne pour la santé
». Pour l’O.M.S., la donnée qui s’impose
sur ce sujet d’importance est celle-ci : « il n'existe aucun seuil minimum de consommation au-dessous duquel on
pourrait boire de l'alcool sans risque ». En même temps, elle a renouvelé
sa sévère mise en garde contre « l'absorption modérée de boisson alcoolique »,
attitude rétrograde qui, en France particulièrement, est encore souvent
considérée comme « normale ».
Bref, tout individu
doit considérer que la bonne santé de ses artères, pour précieuse qu'elle soit,
l'est moins que la bonne santé de son système nerveux, priorité des priorités.
L’action éventuellement bénéfique sur
les vaisseaux ne saurait justifier une action potentiellement néfaste sur le
système nerveux, d'autant plus que les produits alimentaires dépourvus de toute
toxicité et les moyens ne manquent pas pour prévenir le risque artériel.
L’ÉTHANOL-DROGUE MYTHIQUE
Dans beaucoup de
civilisations, les boissons alcooliques, et plus particulièrement le vin, sont
revêtues de propriétés mythiques. Dans notre culture gréco-latine et chrétienne
le vin a manifestement un caractère sacré et, sous ce sceau, des « idées-forces
» nous sont parvenues, idées qui sont encore vivantes à l'heure actuelle dans
certains milieux : le vin qui donne du sang…, le vin qui apporte de la joie
(alors qu'il ne s'agit que d'euphorie)…, le vin qui donne des forces (alors
qu'il ne s'agit que d’un processus d’excitation-anesthésie)…, le vin qui
augmente la virilité...
LE PHÉNOMENE « ALCOOLISATION »
« Il y a alcoolisation
lorsqu'un sujet a absorbé une certaine quantité d'alcool susceptible de
modifier le fonctionnement de son organisme et plus particulièrement ses
fonctions nerveuses supérieures ».
L'alcoolisation
peut-être considérée comme : occasionnelle, fréquente, habituelle, voire permanente
(lorsque le renouvellement et l'importance des prises sont telles que le sujet
ne peut jamais éliminer totalement l'alcool de son organisme).
En termes d’importance,
elle peut bien entendu être qualifiée de légère, d'assez importante, d'importante,
de très importante...
De multiples travaux
d'expérimentation, mettant en jeu des tests psychotechniques et
l'électroencéphalogramme, ont apprécié les perturbations des aptitudes et des
réflexes résultant de la prise d’alcool.
Ils ont mis en évidence les données suivantes :
- il n'y a pas de troubles appréciables pour des taux
d'alcoolémie allant de 0 à 0,15 gr. ;
- un certain pourcentage d'individus présente des
modifications avec une alcoolémie de 0,20 gr. ;
- tous les
individus présentent des perturbations appréciables avec une alcoolémie de 0,30
gr.
Il faut considérer en
outre que les perturbations d'ordre psychique sont volontiers plus précoces que
les perturbations nerveuses proprement dites dont on vient de parler.
L’INÉGALITÉ DES INDIVIDUS DEVANT L’ALCOOL
Les conséquences de
l’alcool sur l’organisme sont extrêmement variables suivant les individus : il
en est dans ce domaine comme dans tous les autres, notamment pour des raisons
génétiques. Cette inégalité des individus explique bien entendu la multiplicité
des perturbations et des maladies d’origine alcoolique d'autant plus que les organes sensibles à
l'alcool sont nombreux, les raisons de boire variées, les produits alcooliques
extrêmement divers... Elle explique aussi, comme nous l’avons signalé
précédemment, l'absence de « seuil de sécurité » en matière de consommation.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
Notions d'accoutumance, de tolérance, de
dépendance
Quand un produit
chimique toxique est introduit dans l'organisme on a schématiquement deux
résultats :
- si la dose est unique et forte sur un
organisme vierge
. ou bien l'organisme meurt ;
. ou bien le sujet ressent un certain nombre de troubles
: il est "malade".
- si le même produit est absorbé
. de façon répétée ;
. à une dose d'abord faible ;
. puis très progressivement croissante (jusqu'à atteindre
celle qui était mortelle dans le cas précédent) ;
. non seulement l'organisme ne meurt pas ;
. mais il ne ressent aucun trouble : c'est le phénomène
dit d'« accoutumance » qui possède
un double contenu, d'une part celui de « tolérance
», d'autre part celui d'«intoxication
occulte ».
La répétition
entraîne donc une certaine adaptation
de l'organisme vis-à-vis du produit.
LE PHÉNOMENE DE L’ACCOUTUMANCE
Ce phénomène a été
découvert il y a bien longtemps. Dans l'Antiquité, on utilisait volontiers le
poison pour faire disparaître ses adversaires et les Grands de ce monde
redoutaient à juste titre cette cause de mort brutale. On rapporte ainsi que le
Roi Mithridate, voici plus de 2000 ans, après avoir eu l'astuce de
s'administrer régulièrement de petites doses
de poison, resta en vie le jour où il en absorba involontairement une dose
importante introduite dans ses aliments par une main criminelle. Mithridate
avait compris, tout au moins partiellement, ce phénomène d'adaptation qu’en
souvenir de lui on appelle « mithridatisation ».
Prenons maintenant un
cas banal, celui d'un individu qui, ne pouvant pas dormir car il a quelques
soucis familiaux ou professionnels durables, prend chaque soir un comprimé de
somnifère (un de ces produits que les Français consomment si largement... ).
Ses nuits sont apparemment « bonnes », ses réveils « faciles », ses journées
« satisfaisantes »...
Au bout de quelques
semaines il constate que le comprimé devient progressivement moins
efficace. S'il persiste à vouloir
trouver un sommeil artificiel il doit augmenter les doses du même produit, ou
bien il doit en utiliser un nouveau.
C'est donc un fait
général d'observation que l'absorption régulière et fréquente d'un produit
toxique par un individu est suivie de réactions de moins en moins marquées. Le
sujet arrive ainsi à « supporter », après un certain temps, des doses
importantes de toxique, doses qui pourraient entraîner des accidents graves
chez un sujet non habitué.
LE PHÉNOMÈNE DE TOLÉRANCE
La personne qui
consomme régulièrement des boissons contenant de l'alcool, et qui augmente de
façon lente et progressive les doses absorbées, arrive ainsi à « tolérer
», apparemment sans troubles, des
quantités importantes de boissons, alors que le sujet qui n'en consomme que
rarement ou jamais, présente, pour des doses assez faibles, des troubles divers
: maux de tête, vertiges, troubles de
l'équilibre, phénomènes d'excitation... Pour une alcoolémie de 1 gr, par
exemple, il est toujours inapte à conduire une voiture, alors que le buveur
habituel peut très bien n'avoir, avec cette même alcoolémie, qu'une diminution
assez peu importante de ses aptitudes (tout au moins si on les compare à celles
qu'il possède quand son alcoolémie est nulle). Rappelons que tous les sujets
sains, c'est-à-dire les sujets non habitués aux boissons alcooliques, ont des
perturbations nerveuses enregistrables avec une alcoolémie de l'ordre de
0,25-0,30 gr.
Devant cette « tolérance », on serait tenté de
considérer que le sujet a acquis une résistance bonne et désirable... C'est une
erreur. La tolérance n'est pas une forme
d'immunité ou le témoin d'une capacité particulière de tel sujet : elle traduit
avant tout une absence des réactions normales de défense. C'est le signe d'une
intoxication chronique occulte.
En effet, après
absorption de tout produit néfaste à l'organisme, ce qui est normal c'est de
percevoir le plus rapidement possible un signal de mise en garde, une réaction
d'alarme qui va permettre au sujet de «
se sentir malade », de stopper l'absorption toxique et éventuellement de
solliciter une thérapeutique.
Le fait qu'un sujet
habitué aux boissons alcooliques « supporte » bien ces boissons signifie
d'abord que ses cellules nerveuses ont perdu de leur sensibilité, que certaines
se sont émoussées ou amoindries et que s'est installée une forme d'intoxication
chronique.
Le sujet « tolérant » est ainsi de
façon permanente un sujet « diminué », handicapé, abîmé, et qui réagit d'autant
moins qu'il est « tolérant ».
Une des fonctions importantes
du système nerveux consiste à protéger l'individu des agents d'agression et
particulièrement des produits toxiques. Dans son rôle de protection il peut
être comparé à une balance. Plus une balance est « sensible », plus elle est «
bonne ». Et réciproquement, plus elle est « bonne », plus elle est « sensible
». Il en est ainsi du système nerveux : plus il est sensible à une agression,
plus il est sain ; plus il « tolère » l'agression sans réagir, moins il est
sain.
Le phénomène dit «
d'accoutumance » comporte donc deux aspects complémentaires comme l'endroit et
l'envers. Le premier, c'est le défaut de perception de certains troubles. Il
peut être considéré d’une certaine manière comme « agréable ». Le second, quant
à lui, est regrettable, c'est l'absence de réaction des défenses protectrices
de l'organisme. C'est ainsi qu'un nombre considérable de personnes, sans
qu'elles s'en rendent compte, sont
«diminuées » par les boissons alcooliques, le tabac, les somnifères...
et que le diagnostic d'intoxication chronique n'est fait par le médecin qu'à un
stade tardif à l'occasion d'une complication spectaculaire et grave, stade où
les lésions sont souvent irréversibles et le traitement peu efficace.
Ainsi donc :
- la nocivité de
l'alcool, comme la nocivité de tout toxique, ne s'apprécie valablement que par
référence aux perturbations présentées par un sujet « vierge » (ne prenant pas
de boissons alcooliques ou seulement de façon exceptionnelle) ;
- l'habitude fréquente
de prendre de l'alcool à « petites doses » est plus grave de conséquences pour
l'organisme que l'absorption occasionnelle d'une « forte » dose.
Évolution de la TOLÉRANCE
De ce qui précède, il
ressort que la tolérance d'un individu augmente progressivement avec le temps,
parallèlement à l'intoxication. Il faut noter toutefois que, après un temps
assez long, cette tolérance atteint un palier puis diminue lorsque
l'intoxication conduit à un stade de déchéance organique trop profonde. Le
sujet redevient « sensible », intolérant à l'alcool. Malheureusement pour lui,
il est toujours trop tard...
LA DÉPENDANCE ALCOOLIQUE sera vue au chapitre 9
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
Pourquoi les individus
s'alcoolisent-ils ? Pourquoi les Français s'alcoolisent-ils plus que les autres
?
Deux groupes de
facteurs interviennent :
A) des facteurs
déterminants liés aux personnes ;
B) des facteurs
favorisants liés à l'environnement.
A) LES CAUSES INDIVIDUELLES DÉTERMINANTES
Chez les sujets abîmés
par l’alcool, on retrouve toujours l'une ou/et l'autre des deux causes
déterminantes que sont :
- la méconnaissance des effets nocifs des
boissons alcooliques sur l'organisme;
- certaines « dispositions » ou « perturbations
» psychiques.
1°) La méconnaissance des effets nocifs des
boissons alcooliques sur l'organisme
Cette méconnaissance,
disons cette ignorance, diminue avec le niveau d'instruction mais elle est
aussi fort courante dans les populations possédant un très bon niveau
d'instruction générale.
Bien des éléments (que
nous examinerons secondairement) ont contribué et contribuent toujours à cet
état de fait, grave au plan des personnes, fléau à l'échelle du pays.
2°) Certaines « dispositions » ou «
perturbations » psychiques
Selon les individus,
elles peuvent aller du simple plaisir mal contrôlé de façon occasionnelle
jusqu'aux grandes perturbations psychiques permanentes où est recherché l'effet
psychotrope de l'alcool.
Ces perturbations
peuvent être :
- ou bien primitives (constitutionnelles ou
acquises) ;
- ou bien secondaires à l'action lente et
progressive de l'alcool sur le psychisme.
Il peut s'agir :
a) de troubles simples de la personnalité, tels que : l'immaturité affective, le manque
de confiance en soi, l'incapacité d'assumer des responsabilités d'adulte, la
passivité, le manque d'initiative, la peur de la solitude, l'absence d'autonomie,
l'incapacité de résister à un plaisir immédiat...
b) de troubles de nature névrotique
Ce sont essentiellement
la dépression et l'angoisse, sur lesquelles, bien entendu, peuvent jouer les
situations conflictuelles : conflits familiaux, conjugaux, professionnels...
c) de troubles de nature psychotique
d) d'un déficit intellectuel
Le déficit intellectuel
congénital ou acquis peut être une cause d'alcoolisation par manque de
discernement, entraînement, réduction des facultés de contrôle.
Ce déficit se manifeste
le plus souvent à l'âge adulte mais il se voit aussi fréquemment dès l'enfance,
du fait des boissons alcooliques consommées par les femmes enceintes ou par les
enfants eux-mêmes dans certaines couches de la population.
B) LES CAUSES FAVORISANTES LIÉES À
L’ENVIRONNEMENT
Les facteurs
d'environnement qui conditionnent particulièrement les Français à consommer des
boissons alcooliques sont extrêmement divers et d'une importance considérable.
Ce sont notamment :
1°) La pression sociale du lobby du vin et des
autres boissons alcooliques
Plusieurs millions de
Français vivent de la production et du commerce des diverses boissons
alcooliques. Un énorme secteur de l'agriculture, de l'industrie, et du commerce
est ainsi organisé pour faire consommer les produits alcooliques, le vin plus
particulièrement. La publicité pour ces boissons atteint des chiffres
considérables...
C’est dire que des
intérêts économiques et politiques énormes sont en jeu. Représentés par de très
nombreux « supporters » dans les diverses assemblées de la nation :
municipalités, conseils régionaux et généraux, Parlement, voire ministères...
ils constituent une puissance considérable.
Pour le Ministère de
l'Economie, les taxes et impôts
relatifs à la production et au commerce des boissons alcooliques représentent
une « mine d’or » dans une perspective à courte vue... Et il faut y ajouter les
impôts relevant des multiples activités (médicale, paramédicale,
pharmaceutique, judiciaire, industrielle … ) liées aux méfaits des produits
alcooliques.
Ainsi, tout effort pour
réduire la consommation de boissons alcooliques se heurte obligatoirement à de
puissants groupes de pression devant lesquels les gouvernements de toutes les
époques ont presque toujours cédé au mépris de l’intérêt général, celui de la
nation, des hommes et des finances publiques.
2) Les coutumes, traditions et croyances
Il y a toujours eu des
drogues dans l'histoire des hommes, drogues intégrées à la fois dans la médecine
et la religion, drogues considérées comme des produits magiques ou sacrés et
parées de certaines propriétés thérapeutiques. Les boissons alcooliques : le
soma védique, le nectar grec, l'hydromel des Nordiques, la cervoise des Celtes,
le vin des Méditerranéens... font partie de ces drogues. Elles permettent aux individus d'oublier
pour quelques heures les rigueurs de l'existence, voire, comme dans le
christianisme héritier de la religion païenne, d’accéder à la divinité par la
transformation mystérieuse du vin.
Les associations
vineuses de notre pays, confréries qui ont leurs rites, leur cérémonial, leurs
costumes, leurs initiés, leurs prêtres... viennent témoigner aussi de cette «
religion » du vin particulièrement répandue en France et qui, en exploitant des
donnés mythiques, constitue sans nul doute, un des grands facteurs de
méconnaissance des effets néfastes du vin.
3) Les conditions de travail et de vie
difficiles ou particulières
Dans les travaux de
force ou les travaux effectués à la chaleur, au froid, dans les travaux à
cadence rapide ou à la chaîne... les boissons contenant de l'alcool sont
volontiers consommées pour lutter contre la soif, la fatigue... par des
personnes ignorant les effets de ces produits sur l’organisme.
Certaines professions
sont particulièrement exposées : celles qui sont en rapport avec la production
et le commerce des boissons alcooliques : viticulteurs, représentants,
cafetiers, cuisiniers...; celles qui comportent une occupation intermittente :
pompiers, ouvriers du bâtiment, marins-pêcheurs ; celles où les personnes
reçoivent des pourboires en nature : livreurs, facteurs, ouvriers agricoles...
Le stress, l’excès de
responsabilité, l'inadaptation (surtout chez des sujets d'un certain âge face
aux techniques nouvelles), la peur du chômage, un climat de méfiance dans
certains milieux de travail... sont des facteurs d'anxiété qui peuvent
favoriser le recours à l'alcool, comme à celui d'autres drogues : le tabac, les
médicaments psychotropes...
Enfin, il y des conditions
de vie pénibles tenant à la pauvreté, aux difficultés de logement, au chômage,
au déracinement, à l'isolement, voire à la retraite... qui peuvent favoriser
aussi le recours aux boissons alcooliques.
4) L'exploitation délibérée de l'action
psychotrope de l'alcool par des groupes ou des individus sur d'autres groupes
ou individus.
La réduction du sens
critique, la docilité devant des consignes sommaires, la capacité accrue à
exercer des activités pénibles ou dangereuses, l'augmentation de l'agressivité,
conséquences banales chez les individus de la prise d’un produit alcoolique,
ont souvent été exploitées en France dans le passé, et le sont toujours à
l'heure actuelle dans certains milieux d'affaires, dans certaines entreprises,
dans certaines actions syndicales, dans certaines actions de guerre...
5) Certains types de loisirs
Il peut s'agir des «
tournées », en ville dans les débits de boissons ou à la campagne dans les
celliers, des fêtes entre jeunes, du tourisme gastronomique...
Il faut néanmoins
remarquer que l'environnement, même
s'il incite et conditionne les personnes à user de boissons alcooliques, laisse
toujours celles qui sont bien informées, libres d’en prendre ou de ne pas en
prendre. L’environnement n'a vraiment de prise que sur les personnes, soit
psychologiquement fragiles, soit inconscientes des risques encourus. Il ne faut
pas confondre les causes « déterminantes
» qui sont individuelles et les causes qui, telles la publicité ou les
mauvaises conditions de travail, ne sont que « favorisantes ».
C’est dire que le
défaut de connaissances concernant les risques liés à la consommation de
boissons alcooliques reste la principale cause de l’alcoolisation des Français.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
CH. VII PERTURBATIONS
DIVERSES et MALADIES CARACTÉRISÉES
DUES AUX BOISSONS ALCOOLIQUES
Le plan qui suit concerne les multiples
perturbations et maladies dues aux boissons alcooliques. Il permet d’avoir une
vue de la vaste pathologie alcoolique et d’en apprécier toute la gravité.
Néanmoins, ne seront traitées ici que les perturbations ou maladies qui «
intéressent tout le monde ». Elles sont signalées en petits caractères gras.
LA PATHOLOGIE CONCERNANT LE SYSTEME NERVEUX
Il y a deux types de
perturbations ou de maladies caractérisées :
- mentales (ou psychiques) ;
- neurologiques ;
( ou mixtes ).
Parmi elles on
distingue :
-
celles qui relèvent d'une alcoolisation passagère :
. légère : - l'euphorie
- les troubles de la vision
- les troubles des réflexes
.
profonde : les ivresses
- celles qui relèvent d'une alcoolisation
habituelle et profonde :
. les perturbations chroniques : -
psychiques ;
- neurologiques. . les maladies caractérisées :
. psychiques pures : les alcoolomanies ou
alcoolo-dépendances.
.
neurologiques pures : les polynévrites.
. mixtes et complexes : - les syndromes de sevrage ;
- les accidents vasculaires
cérébraux ;
- les encéphalopathies ;
- l'épilepsie.
LA PATHOLOGIE
CONCERNANT LE SYSTÈME DIGESTIF
Avant tout celles qui
concernent :
- le foie : les stéatoses, les hépatites et les cirrhoses
;
- le pancréas : les pancréatites.
et celles qui
intéressent le tube digestif :
- l'œsophage : les œsophagites, les varices, les ulcères,
les cancers ;
- l'estomac : les gastrites, les ulcères, les cancers ;
- l'intestin grêle : les duodénites, les malabsorptions.
LA PATHOLOGIE CONCERNANT
- le système cardio-vasculaire ;
- le système endocrinien ;
- le sang ;
- les métabolismes.
..................
enfin,
LES MALADIES FAVORISÉES OU COMPLIQUÉES PAR LES
BOISSONS ALCOOLIQUES sont
extrêmement diverses. Les principales sont les cancers.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
A) LES PERTURBATIONS SIMPLES DU SYSTÈME NERVEUX
en rapport avec une
alcoolisation passagère et légère
Ces perturbations du
système nerveux provoquées par de faibles doses de boissons alcooliques sont
représentées avant tout par :
1°) une perturbation mentale mineure : l'euphorie ;
2°) des troubles
de la vision ;
3°) des troubles
des réflexes.
Habituellement, elles
ne sont pas ressenties par le sujet qui, de ce fait, n'est pas conscient du
risque qu'il court ou fait courir aux autres ; elles peuvent aussi être
inapparentes pour l'entourage. C'est le stade dit « infraclinique » de
l'intoxication ne se manifestant pratiquement par aucun signe extérieur.
1°)
L'EUPHORIE
L'alcool éthylique est
une drogue psychotrope. C'est avant tout un anesthésique, un tranquillisant et
un anxiolytique.
L'euphorie, cette
modification ou perturbation de l'humeur que provoque l’alcool est
essentiellement une sensation artificielle de bien-être et de satisfaction qui
trompe l'individu sur ses capacités. Le consommateur d’alcool est plus ou moins
handicapé du point de vue psychique comme il l'est, par exemple, après
absorption de médicaments tranquillisants ou somnifères. Ayant des facultés
diminuées, il minimise les risques et les difficultés que comportent certains
travaux ou certaines activités comme la conduite automobile. Il est volontiers
plus insouciant, plus téméraire, plus agressif, moins attentif.
Sur la route, le
conducteur qui a pris des boissons alcooliques a une tendance plus ou moins
marquée à oublier qu'il n'est pas seul. De là, les excès de vitesse, les
dépassements inconsidérés, le non respect des règles de priorité, souvent
facteurs en cause dans les accidents de la circulation routière.
Dans les entreprises,
le travailleur est enclin à transgresser les règles de prévention, à négliger
les précautions élémentaires, à minimiser le danger pour lui et pour les
autres. Il en est de même dans les conduites de guerre...
Quelques travaux
d'expérimentation permettent de bien apprécier cette perturbation du jugement
que représente l'euphorie. Citons ceux de Cohen :
Ils ont intéressé des
conducteurs professionnels d'autobus de Manchester. Il s'agissait pour eux de
faire passer leur véhicule à travers un espace variable, chaque conducteur
indiquant lui-même l'espace le plus étroit à travers lequel il se proposait de
conduire son véhicule.
Les sujets furent répartis en trois groupes :
- un groupe témoin n'absorba pas d’alcool
- le 2ème groupe absorba 2 whiskies (23 cm3 d'alcool pur,
soit 1/5ème de litre de vin à 12°)
- le 3ème absorba 6 whiskies (68 cm3 d'alcool pur ou 570 cm3
de vin à 12°).
Les conclusions des
auteurs furent celles-ci :
« Certains des conducteurs chevronnés, même après avoir
bu 6 whiskies étaient doués d'une adresse extraordinaire. Ils étaient capables
de mener à une vitesse de 30 à 45 km à l'heure un autobus à deux étages à
travers un espace balisé ne laissant de chaque côté que quelques centimètres...
Mais, fait notable, ils se croyaient encore capables de faire mieux…! »
Pour les auteurs : «
les accidents de la circulation liés aux boissons alcooliques sont dûs, moins à
une diminution de l'habileté qu'à un abaissement du jugement. Une petite
quantité d'alcool permet de voir s'effondrer la relation entre ce que nous
estimons pouvoir faire et ce dont nous sommes effectivement capables»
2°) LES
TROUBLES DE LA VISION
Les troubles passagers
que les boissons alcooliques peuvent entraîner, sont :
- une diminution de la faculté d'accommodation (qui, par
l'appréciation incorrecte des distances en résultant, est à l'origine de
dépassements inconsidérés sur la route) ;
- une augmentation du temps d'éblouissement ;
- un rétrécissement du champ visuel (qui explique un
certain nombre de refus de priorité pour des véhicules venant sur des routes
latérales).
3° LES
TROUBLES DES RÉFLEXES
Ces troubles, dus essentiellement
à l'action anesthésique de l'alcool sur les voies nerveuses transmettant les
informations visuelles et auditives ainsi que les réactions motrices adéquates,
sont représentés par :
- un ralentissement des gestes. Avec une alcoolémie de
0,80 gr, on estime que le retard des réflexes est approximativement de l'ordre
de 0,5 seconde. Pour un véhicule qui roule à 100 km/heure, le freinage exige
ainsi 14 mètres de plus que chez un sujet non alcoolisé. Ce ralentissement des
gestes est aussi, bien entendu, un facteur d'insécurité au cours de nombreux
travaux.
- une imprécision des gestes. Il semble que
l'inadaptation des gestes ait, dans le déterminisme des accidents de la route
et du travail, une influence encore plus grande que leur ralentissement.
Comme nous l’avons vu
antérieurement
- dans 50 % des cas les troubles sont appréciables avec
une alcoolémie de 0,15-0,25 gr. ;
- de façon constante, avec une alcoolémie de l'ordre de
0,30 gr..
B) LES
PERTURBATIONS CHRONIQUES DU SYSTEME NERVEUX
dues à
une alcoolisation habituelle
mais ne constituant pas
encore des maladies bien caractérisées
Avant le stade des
affections caractérisées (affections non
décrites ici car n’intéressant que le médecin), les boissons alcooliques
absorbées de façon habituelle peuvent entraîner des perturbations chroniques du
système nerveux, perturbations très variées, plus ou moins profondes et qui
s'établissent insidieusement avec le temps.
LES PERTURBATIONS MENTALES
Elles ont fréquentes à
très diverses. Il faut noter particulièrement :
- l'euphorie permanente
Témoin d'un certain
affaiblissement psychique elle s'établit très lentement et progressivement de
telle manière que l’entourage, souvent, ne remarque pas cette perturbation.
Cette disposition psychique acquise fait que les personnes concernées ont une
certaine indifférence vis-à-vis de leurs difficultés personnelles (deuils,
maladies, ennuis divers…) qu’ils supportent anormalement bien, indifférence
aussi envers les membres de leur famille.
- les troubles caractériels
Ce sont surtout
l'irritabilité et l'impulsivité. Responsables de brusques colères à l'occasion
de motifs futiles, ils peuvent altérer profondément la vie familiale et
professionnelle.
- les troubles de l'humeur
Le syndrome dépressif
est particulièrement fréquent. Il masque volontiers l'atteinte alcoolique ;
parfois il comporte un risque de suicide.
- la régression de l'affectivité
Elle se traduit
notamment par un désintérêt progressif pour toute activité familiale ou
professionnelle ou un désintérêt vis-à-vis d'autrui - dans beaucoup de domaines
il y aura négligence. Cette perturbation se traduit aussi par un renforcement
de l'égocentrisme, par une jalousie développée à l'égard du conjoint et des
enfants. Parfois, il s'agit même d'un véritable délire chronique de jalousie,
délire souvent dissimulé avec de fausses interprétations.
- la détérioration intellectuelle
On observe une
diminution de l'attention, des pertes de mémoire, une idéation ralentie, une apathie, un affaiblissement du sens moral…
- les troubles du sommeil
Il peut y avoir
insomnie. L'hypersomnie est cependant plus fréquente avec agitation,
hyper-sudation, cauchemars, crampes, fourmillements.
LES PERTURBATIONS D'ORDRE NEUROLOGIQUE
Avant le stade des syndromes
nettement établis, bien des troubles d'ordre neurologique sont également
observés qui font de beaucoup de consommateurs alcooliques de véritables
handicapés. Citons particulièrement : les troubles des réflexes, les
perturbations des gestes, les troubles visuels, le défaut d'attention... très souvent en cause dans les accidents de
la circulation routière ou de travail. Citons aussi la diminution de la douleur
qui, associée à la négligence signalée plus haut est assez souvent responsable
d’un retard dans le diagnostic et le traitement de certaines maladies,
notamment des cancers.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
CH. IX LES
ALCOOLO-DÉPENDANCES (OU ALCOOLOMANIES)
L’ALCOOLOMANIE, toxicomanie relative aux boissons alcooliques, est une affection mentale caractérisée par une
dépendance vis-à-vis de ces boissons, produits recherchés pour les effets
psychotropes de l'alcool.
D'une manière générale, la dépendance se définit comme une
perte de liberté, une sorte d'esclavage vis-à-vis d'un produit chimique, d'une
habitude, d'un environnement, tous facteurs qui apportent une satisfaction
immédiate d'ordre physique et/ou psychique.
Quand cette dépendance est relative à un produit
chimique elle se nomme toxicomanie.
C'est celle dont on parle habituellement : elle représente la dépendance de
très loin la plus grave. Il en est ainsi, par exemple, avec les drogues telles
que l'alcool, la cocaïne, l'héroïne, la morphine, les amphétamines.... produits qui ont tous une action
modificatrice du psychisme.
La satisfaction, qui
relève de l'action directe du produit sur le système nerveux, est si intense
qu'en son absence le sujet présente « un état de manque » (l'organisme «
réclame quelque chose ») avec, comme conséquence, un attrait plus ou moins
irrésistible, une pulsion plus ou moins invincible pour le renouvellement du
produit en cause, même lorsque le sujet est parfaitement conscient des risques
qu'il court.
Quand cette dépendance est relative à une
habitude, à un environnement, à une ambiance elle est, en général, moins contraignante et donc moins grave.
D'ailleurs, on ne peut la considérer comme pathologique qu'à partir d'un
certain stade et il ne saurait y avoir
de limites nettes entre cet état et la
« normalité ».
Caractéristiques de la dépendance à l’alcool
- elle
représente essentiellement une dépendance pharmacologique, c'est-à-dire une dépendance aux effets de
l'alcool sur le système nerveux.
- elle n'est
qu'accessoirement une dépendance à l'environnement. Ce type de dépendance, qui peut être lié aux
lieux de consommation, aux gestes et démarches faites pour la satisfaction du
besoin, aux personnes de l’entourage... reste toujours d'importance réduite par
rapport à la dépendance pharmacologique.
- ses manifestations sont
schématiquement de deux ordres :psychique
et physique, ces deux composantes
étant intimement liées mais non parallèles.
LA DÉPENDANCE PSYCHIQUE
Elle se traduit chez un
sujet par le besoin irrésistible de se procurer et de boire une boisson
alcoolique de façon habituelle ou de façon périodique pour soulager son
angoisse et sa tension nerveuse...
Cette
alcoolo-dépendance, dénominateur commun de toutes les alcoolomanies, revêt
quelques caractères particuliers par rapport à celle qui s'établit avec des
drogues majeures :
- elle n'atteint qu'une assez faible proportion
de consommateurs
. 5% environ des consommateurs deviennent alcoolomanes ;
. en France, la plupart des sujets ayant une consommation
toxique habituelle ne présentent pas d'alcoolomanie mais une autre forme
d'alcoolisme chronique (toutefois cette donnée n’est valable que pour les
hommes comme nous le verrons plus loin).
- elle est lente à s'établir
. elle demande en général plusieurs années, contrairement
à ce qui se passe avec les drogues majeures ;
- mais elle est néanmoins définitive
- cette dépendance est pratiquement indélébile. Même
après de nombreuses années d'abstention complète de produits alcooliques, le sujet
reste fragile ; toute prise peut entraîner une incapacité à maîtriser la
consommation. Une rechute survient presque automatiquement suivant un phénomène
qu'on a pu comparer à celui de l'allergie. On parle éventuellement de la «
stabilisation » d’un malade mais non de la guérison.
On peut ajouter :
- que cette dépendance
est pendant assez longtemps compatible
avec une activité professionnelle « acceptable » ;
- que les notions de
marginalité, de clandestinité, n'accompagnent pas en général cette toxicomanie,
car l'usage culturel et l'usage toxicomaniaque sont souvent confondus. L'alcool
est une drogue licite.
LA DÉPENDANCE PHYSIQUE
Cet aspect de la
dépendance se manifeste essentiellement à l'arrêt des boissons alcooliques par
un syndrome dit « de sevrage ».
Ce syndrome constitué
de troubles physiques divers, revêt des degrés fort différents suivant les cas
:
- au moindre degré, il se manifeste le matin par un tremblement. Le sujet
est dans un état «de besoin » tandis que l'ingestion du premier verre de
boisson alcoolique fait disparaître le trouble. C’est dire que l'alcool est à
la fois responsable du tremblement chronique et capable de le calmer
momentanément.
- au stade suivant : outre le tremblement, il existe des sueurs, une
insomnie, des cauchemars, une agitation, des vomissements
- à un stade encore plus tardif des convulsions peuvent apparaître,
voire un délire aigu ou subaigu : le délirium tremens...
LES CAUSES DES ALCOOLO-DÉPENDANCES
Schématiquement il y a
deux types d'alcoolomanie :
L'alcoolomanie primaire .
Ici, la cause essentielle est représentée par :
L'ACTION PSYCHOTROPE DES BOISSONS
ALCOOLIQUES PRISES PAR SIMPLE HABITUDE, DANS LA MÉCONNAISSANCE DE LEURS EFFETS
TOXIQUES.
Certains auteurs
estiment que 50 % au moins des alcoolomanes hommes, en France, n'avaient
initialement aucun trouble psychique. Chez ces sujets, la consommation de
boissons alcooliques, et de vin en particulier, n'est, au départ, que le fait
de l'habitude et de la méconnaissance de leurs effets toxiques. Si, chez
certains consommateurs, se manifestent des atteintes digestives (telle une
cirrhose) ou neurologiques (telle une polynévrite), chez d'autres ce sont des
perturbations mentales, telle une alcoolomanie, qui apparaissent.
Cette « alcoolomanie
d'ignorance » est particulièrement fréquente dans notre pays tant sont pesants
le conditionnement, les traditions, les croyances mythiques et tant est grand
le nombre de consommateurs (puisque que le nombre de malades est directement fonction du nombre des
usagers) .
L'alcoolomanie secondaire.
Ici, des troubles
psychiques ont précédé et engendré l'alcoolisation. C’est dire qu’ils vont
s'associer et se combiner à ceux qui relèvent directement de l'alcool
Toutes les
perturbations mentales peuvent pratiquement se compliquer d'une alcoolomanie.
Ce sont notamment :
1° LES
TROUBLES SIMPLES DE LA PERSONNALITÉ
Ces troubles de la
personnalité (que nous avons cités précédemment) peuvent être bien entendu être
constitutionnels ou acquis. Lorsque ils sont acquis les causes en sont
multiples, mais il faut remarquer néanmoins, chez le sujet jeune notamment, que
l'alcool est souvent en cause soit de façon directe en tant que drogue
psychotrope, soit de façon indirecte par l'alcoolisation des parents et
l'ambiance familiale perturbatrice qui en résulte.
2° LES
TROUBLES DE NATURE NÉVROTIQUE
Ces troubles sont
représentés avant tout par l'angoisse
et la dépression. Ils conduisent à
une alcoolomanie de compensation. L'individu incapable par lui-même de résoudre
ses conflits existentiels, de surmonter ses ennuis ou ses frustrations,
d'accepter ses insuffisances et ses carences, a recours aux effets
psychotropes, euphorisants et anxiolytiques de l’alcool. Momentanément, il
rétablit ainsi un certain équilibre, il « colmate les brèches »...: c'est
l'équivalent du recours au médecin et aux médicaments psychotropes.
Parfois, il s'agit de
simples tendances névrotiques, parfois d'une névrose caractérisée.
La névrose d'angoisse
- elle est très
fréquemment en cause ;
- dans la grande
majorité des cas, l'alcoolomanie féminine est associée à ce type de névrose.
Les états dépressifs.
Ils se révèlent assez
souvent à l'occasion d'un événement extérieur : maladie, divorce, deuil
familial, travail, déception sentimentale, surmenage...
Lorsque la névrose
dépressive est caractérisée on sait qu'elle s'exprime par
- des troubles de l'humeur : tristesse, pessimisme,
dégoût de la vie, sentiment suicidaire (surtout chez la femme)
- un ralentissement psychomoteur : fatigue surtout
matinale, perte de toute initiative et de toute faculté de création...
- des troubles divers : perturbations du sommeil, perte
d'appétit (ou au contraire boulimie), troubles sexuels, troubles digestifs ou
cardio-vasculaires divers...
A noter aussi que si l'état dépressif favorise
l'alcoolisation, l'alcoolisation à son tour peut induire un état dépressif. Il
s’établit en règle un cercle vicieux.
3) LES
TROUBLES DE NATURE PSYCHOTIQUE
Ici, les sujets
rejettent des valeurs reconnues telles que l'autorité, l'ordre, le respect des
biens et des personnes... Les perturbations sont diverses : instabilité dans l'
activité ou dans les sentiments, inadaptation au travail et à la vie conjugale,
violence et révolte, transgression des rites sociaux, perte du métier et des
relations humaines...
4) LES
DÉFICITS INTELLECTUELS CONSTITUTIONNELS OU ACQUIS
Ces déficit
intellectuels sont souvent cause d'alcoolisation par manque de discernement...
ETUDE CLINIQUE D’UN CAS COURANT
Comme nous l'avons dit
précédemment, il n'y a pas une
alcoolomanie mais des alcoolomanies
dont les formes cliniques sont extrêmement diverses. Aussi ne décrirons-nous
ici qu'une forme simple et courante d'alcoolo-dépendance primaire chez un
homme.
Cette forme est de
façon habituelle l'aboutissement d'une longue période de consommation toxique
selon un processus lent, sournois qui fait franchir insensiblement la frontière
qui mène à la grande dépendance alcoolique
Au début
Le sujet profite de
toutes les occasions de boire que lui offre son groupe social. Il a la
conviction qu'il recherche avant tout une compagnie, il parle facilement de
l'alcool et se vante même des excès auxquels il se livre.
Progressivement il prend
conscience des effets de l'alcool. Le produit lui apparaît alors comme capable
d'étancher sa soif, d'atténuer ses sensations douloureuses, de soulager sa
tension, de lui faciliter la vie...
Plus tard
La sensation de besoin
apparaît : pour se sentir « normal » le sujet a besoin d'une certaine dose
d'alcool. S'il y a sevrage, des perturbations apparaissent, tout au moins sur
le plan psychique.
Parallèlement naît un
sentiment de culpabilité et le sujet essaie de sauver les apparences. Il
dissimule sa consommation alcoolique, il boit en cachette, il évite de parler
d’alcool, il trouve des arguments pour justifier ses excès publics…
Des conflits surgissent
avec la famille, notamment avec l'épouse car la sexualité est perturbée. Il existe souvent une homosexualité
latente (comme chez ceux qui, au café et toujours entre hommes, se livrent à
certaines activités de jeux...)
Des situations
conflictuelles apparaissent aussi avec les amis, les employeurs, les collègues
de travail, d'où les réactions d'agressivité. L'alcoolomane centre de plus en
plus son activité sur l'alcool et essaie de briser son isolement avec des
copains.
Parallèlement à cette
dépendance, des troubles divers apparaissent : amaigris- sement, perte
d'appétit, tremblement, troubles psychiques. Parmi ces derniers, citons les
plus fréquents :
- l'instabilité,
l'énervement se manifestant sous des prétextes futiles ;
- la régression
affective responsable d’un renforcement du narcissisme, d’un désintérêt
pour la famille, d’un sentiment d'abandon par l'entourage, d’attitudes
passagères de repentir...
- la « mauvaise
foi ». Elle porte le sujet à nier son alcoolisation. Il s'ensuit souvent un
dialogue de sourds entre le médecin et lui ;
- l'état dépressif
secondaire à l'intoxication alcoolique. Il est lié soit à l'action psychotrope directe de l'alcool éthylique, soit
aux perturbations du climat familial et professionnel ;
- la jalousie.
Elle peut aller du vague soupçon quant à la fidélité de la conjointe jusqu'à la
psychose délirante chronique ;
- les troubles du
jugement et du raisonnement. Il y a toujours une perte de la capacité de
s'apprécier par rapport aux autres, une altération de la relation à autrui ;
- les troubles de
la mémoire qui interfèrent avec la mauvaise foi ;
Ce n'est souvent qu'à
un stade tardif que l'alcoolomane accepte de se faire soigner le plus souvent sous la pression de
l'entourage familial ou professionnel.
LES FORMES CLINIQUES DES ALCOOLO-DÉPENDANCES
Elles sont extrêmement
variées puisque elles sont fonction des causes, de l'âge, du sexe, des produits
utilisés... Citons particulièrement :
LES ALCOOLOMANIES SECONDAIRES À DES
PERTURBATIONS PSYCHIQUES
- l'alcoolomanie par troubles simples de la
personnalité
C'est en général une alcoolomanie
de groupe. Le sujet boit avec les autres, au café, dans les caves, sur les
chantiers. Cette alcoolomanie est rarement solitaire. Elle concerne
essentiellement les hommes.
- l'alcoolomanie des états névrotiques
Elle comporte une
alcoolisation qui peut être habituelle ou épisodique. Les effets recherchés
sont le dopage et le sommeil, effets qui s'épuisent bien entendu avec le temps
tandis que progresse l’état dépressif.
- l'alcoolomanie des états de nature psychotique
Cette alcoolomanie se
rapproche de la toxicomanie aux drogues telles que l'héroïne, la morphine, le
L.S.D., le haschisch... Elle est nettement moins fréquente que celle qui
résulte de troubles névrotiques.
Les épisodes
d'alcoolisation sont contemporains des poussées de la maladie.
Le sujet se présente
souvent comme un être à double personnalité : l'une tranquille pour l'extérieur
et le médecin, l'autre agressive, voire odieuse pour la famille.
Cette forme
d’alcoolomanie qui, comme les autres formes, peut s'établir dès l'âge de 17-18
ans, peut engendrer des actes délictueux ou criminels.
L’ALCOOLOMANIE DU SUJET JEUNE
A côté des formes
décrites précédemment chez l'adulte et qui intéressent aussi le sujet jeune, il
existe une forme de développement assez récent
- soit isolée ;
- soit associée aux autres toxicomanies (dans ce cas la
boisson alcoolique représente habituellement la première drogue).
Il est à noter que chez le jeune, à l’inverse de ce
qui se passe chez l’adulte, ce n'est pas l'effet euphorisant qui est
habituellement recherché, mais plutôt l'effet d'anéantissement, d'inconscience,
d'éclipse, de "défonce".
Il peut s'agir aussi
d'un refus d’adopter le mode de vie et de comportement de la génération
précédente.
L’ALCOOLOMANIE DE LA FEMME
Cette alcoolomanie est
en augmentation très importante depuis une vingtaine d'années.
Les différents troubles
décrits précédemment se retrouvent aussi à la base de l'alcoolomanie féminine
cependant, dans la quasi-totalité des cas, il y a une névrose sous-jacente,
névrose d'angoisse le plus souvent.
Elle se voit surtout
chez les femmes au foyer pour qui il s'agit de combler un vide existentiel,
chez les jeunes femmes, ouvrières notamment, cherchant à affirmer leur égalité
avec les hommes.
L'utilisation de boissons
alcooliques fortes est plus souvent utilisée chez les femmes que chez les
hommes.
L'alcoolisation est
souvent de type paroxystique avec des phases d'alcoolisation aiguë,
particulièrement dans la période prémenstruelle, et des périodes de sobriété
Il s'agit
habituellement d'une alcoolomanie :
- de compensation et non d'imitation. L'image de la femme
« qui boit » est mal acceptée par l'environnement, contrairement à celle du
buveur homme ;
- honteuse : le femme ne boit pas avec les autres, mais seule
dans la clandestinité ;
- culpabilisante
A un certain stade, la
femme alcoolomane qui apparaît souvent négligée, se présente habituellement
dans un état dépressif, avec d'importants troubles psycho-affectifs : sentiment
de solitude, d'ennui, d'abandon, d'incompréhension, de vide intérieur,
d'insécurité profonde.
A cette perturbation
mentale s'ajoutent, plus souvent que chez les hommes, des atteintes organiques
: hépatiques et nerveuses notamment
Le pronostic est
toujours grave, le traitement difficile.
L'alcoolomanie peut être associée :
. à la
tabacomanie : de façon quasi constante ;
. à des toxicomanies diverses ...
. à la consommation de psychotropes : barbituriques,
neuroleptiques, anxiolytiques.... Ces cocktails sont assez souvent indépendants
du buveur : il s'agit de la rencontre d'une prescription médicale et d'une
intempérance méconnue ou négligée par le médecin. Ces associations de produits
font des dégâts considérables (cirrhoses, polynévrites....), notamment chez les
sujets jeunes.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
ou
COMPLIQUÉES PAR LES BOISSONS ALCOOLIQUES
En dehors des affections
directement liées à l’action de l’alcool sur l’organisme, de nombreuses
affections sont particulièrement favorisées par ce produit toxique. Parmi elles
il faut citer particulièrement les cancers et la tuberculose pulmonaire.
1) - LES CANCERS
Beaucoup de
statistiques montrent de façon formelle qu’il y a une relation entre l’usage
des boissons alcooliques et certains cancers. Presque tous les « buveurs »
étant en même temps des fumeurs, cette relation est particulièrement nette avec
les cancers des voies aéro-digestives supérieures (cancers de la bouche, du
pharynx, du larynx, de l'œsophage…) dont la cause déterminante est le
tabac mais elle se retrouve également
dans bien d’autres cancers : cancers du foie, du pancréas, du sein…
Pourtant l'alcool
éthylique, même en grande quantité, ne se montre pas cancérogène chez l'animal
d’expérimentation…
L’explication est la
suivante : l’alcool fait partie de ces produits appelés co-cancérogènes, substances qui n’entraînent pas de cancers à elles
seules, mais qui augmentent l'action d'un produit cancérogène. Ce type de
produit multiplie par un coefficient variable le risque cancérogène d’une autre
substance.
On sait aussi que
l’alcool éthylique diminue les réactions de défense naturelle de l’organisme
vis-à-vis des agents microbiens ou des substances toxiques absorbées.
Ces diverses données,
jointes au fait que le diagnostic et le traitement sont généralement retardés
pour les raisons signalées précédemment, expliquent que le rôle des boissons
alcooliques, en France particulièrement, est profondément minimisé, dans les
statistiques concernant la morbidité et la mortalité cancéreuses.
B) - LA TUBERCULOSE PULMONAIRE est également une
affection grave souvent favorisée par
l’alcool.
Avec l’avènement des
antibiotiques et de la vaccination, cette maladie est devenue peu fréquente
mais, actuellement, on constate qu'une grande proportion de malades souffrant
d’une forme de tuberculose traînante ont parallèlement une atteinte alcoolique
chronique. Leur moindre résistance et leur indocilité à suivre un traitement
long représentent de façon habituelle les deux éléments expliquant la
difficulté de la guérison.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
Depuis l'Antiquité, on
connaît l'influence néfaste sur les enfants de l'atteinte alcoolique des
parents et de très nombreux travaux ont été consacrés à cette relation
famille-enfants pour distinguer la part respective de l'hérédité et de
l'environnement. Ils ont porté notamment sur les vrais et les faux jumeaux, sur
les enfants adoptés, sur les demi-frères, sur les chromosomes....
Il faut distinguer trois
ordres de perturbations possibles :
- celles qui sont génétiquement transmises (héréditaires
au sens propre) ;
- celles qui sont acquises pendant la période
intra-utérine (par effet sur le fœtus de l'alcool absorbé par la femme
enceinte) ;
- celles qui sont acquises après la naissance (du fait de
l'environnement affectif, sanitaire et social défectueux).
1 - Y A-T-IL DES PERTURBATIONS ET DES MALADIES
ALCOOLIQUES GÉNÉTIQUEMENT TRANSMISES ?
Depuis d’assez
nombreuses années les études cherchent avant tout à déterminer les gènes
susceptibles d’intervenir dans la survenue de telle ou telle maladie
alcoolique, notamment dans la survenue des cirrhoses ou des alcoolomanies ou
alcoolo-dépendances. Comme dans toutes les maladies ces éléments, en effet, ne
peuvent pas ne pas intervenir de façon plus ou moins active. Les résultats de
ces études sont encore très fragmentaires, et le resteront sans nul doute
pendant très longtemps encore, tant sont multiples les organes et tissus-cibles
de l’alcool, les produits alcooliques et les facteurs liés à l’environnement,
tous facteurs qui viennent compliquer les études.
2 - LES CONSÉQUENCES SUR L'ENFANT DES BOISSONS
ALCOOLIQUES UTILISÉES PAR UNE FEMME PENDANT LA GROSSESSE.
Chez les femmes
enceintes, l'action des boissons alcooliques est assez bien connu.
L'alcool traverse le
placenta, de telle sorte que l'alcoolémie du fœtus est sensiblement identique à
celle de sa mère. De plus, le fœtus, comme tous les organismes jeunes, est
particulièrement sensible à l'alcool.
D'après l'Académie de
Médecine américaine il n'y a pas de seuil pour l'atteinte du fœtus : aucune
absorption n'est indifférente
Ces boissons peuvent
être responsables d'avortements, d’enfants morts-nés, de prématurité,
d'insuffisance de développement, de débilité mentale (pour Bloom, les boissons
alcooliques en représentent la troisième cause)
Parfois il s’agit d'un syndrome malformatif
caractérisé
Décrit par le Dr
Lemoine de Nantes sous le terme « d'alcoolisme fœtal », ce syndrome est dû aux
boissons alcooliques absorbées surtout au début de la grossesse. Il a été
observé à partir d'une consommation de 1 litre de vin par jour ou son
équivalent.
Il associe des troubles divers :
- des malformations
diverses. Elles portent surtout sur la face, le cœur, les membres, le
palais (division palatine), le crâne (microcéphalie), les organes génitaux ;
- un important
retard de croissance. L'enfant est petit, atrophique, il ne « rattrape
» jamais le déficit présent à la
naissance ;
- une débilité
mentale. Cette débilité d'importance variée n'est pas compensée
ultérieurement par les effets d'un environnement favorable.
3 - LES PERTURBATIONS RÉSULTANT DE
L'ENVIRONNEMENT FAMILIAL
Il est évident que le milieu
familial joue un rôle considérable dans la transmission des maladies
alcooliques quand il conditionne l'enfant à user de boissons contenant de
l’alcool.
Ce conditionnement
peut-être :
- direct : par la présence habituelle de boissons alcooliques sur la table
familiale ou par l'usage de ces boissons dès l'enfance ;
- indirect : les sujets malheureux, perturbés, déficients physiquement ou
psychiquement, ont, d'une manière générale, des risques accrus d'avoir recours
aux boissons alcooliques. Or, on sait, d'après les statistiques, que
l'alcoolisation intervient comme cofacteur, ou comme facteur essentiel :
- dans beaucoup de divorces ;
- dans les 3/4 des cas de déchéance parentale* ;
- dans près de 90 % des cas de mauvais traitements à
enfants ;
- dans la plupart des incestes ;
- dans de nombreux cas où l'on constate des perturbations
d'ordre affectif ou une déficience intellectuelle.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
La Sobriété, qui se
définit essentiellement par rapport aux boissons sans alcool (et non par
rapport aux boissons alcooliques) comporte deux attitudes possibles :
- l'usage exclusif de boissons
sans alcool
- l'usage principal de
boissons sans alcool (associé à une consommation accessoire et non habituelle
de boissons alcooliques)
1°) L'usage exclusif de boissons sans alcool
(sobriété absolue ou abstinence)
Il s'adresse
particulièrement :
- à tous ceux qui ont
choisi ces boissons par goût, raison de santé ou tout autre raison ;
- aux enfants et
adolescents. En période de croissance l'alcool revêt une toxicité particulière pour
le système nerveux. Il s'agit aussi, en recommandant des boissons saines, de
créer chez ces sujets jeunes des habitudes durables pour les préserver au mieux
des produits alcooliques;
- aux femmes enceintes
ou qui allaitent. On sait que l'alcool passe à travers le placenta et que
l'alcoolémie du foetus est la même que celle de sa mère. L'alcool se retrouve
aussi dans le lait maternel ;
- aux sportifs qui
recherchent des performance physiques et mentales maximales ;
- aux alcoolomanes, et
ceci de façon définitive puisque la guérison parfaite n'est jamais assurée.
2) L'usage principal de boissons sans alcool
(associée à une consommation accessoire et non habituelle de boissons
alcooliques)
Il s'agit là d'une
attitude tout à fait acceptable pour les catégories de populations autres que
celles citées précédemment, car l'alcool est un toxique relativement faible par
rapport à d'autres (la nicotine par exemple), mais la qualité, la quantité et
le rythme d'absorption doivent être bien définis.
Entre les repas, lorsque l'estomac est vide, les boissons sans
alcool doivent être les seules boissons consommées de façon habituelle ;
Pendant les repas :
- l'eau constitue la
boisson de base ;
- certaines boissons
alcooliques sont consommées :
. pour leurs qualités gustatives en
accompagnement de certains aliments,
. à doses très réduite,
. et de façon occasionnelle.
Quelle est la qualité acceptable ?
Comme c'est le cas pour
tout aliment contenant un produit potentiellement néfaste, la consommation de vin
- en tant que produit courant en France - se justifie par le fait qu'elle peut
apporter un plaisir d'ordre gustatif. On ne mange pas seulement pour avoir de
l'énergie, mais aussi parce que c'est agréable. Bien des produits ou
préparations alimentaires ne sont manifestement pas bienfaisants en eux-mêmes,
mais ont néanmoins leur place dans l'alimentation, par le plaisir qu'ils
procurent, à condition que ce plaisir soit étroitement contrôlé à partir des
connaissances acquises en matière de toxicité.
Il est regrettable que
le vin soit consommé de façon machinale comme c'est le cas le plus fréquent :
il est alors servi et bu sans être goûté. Or, seule la consommation de
dégustation et de plaisir peut vraiment se justifier.
A ce propos, il faut se
rendre compte que beaucoup de vins consommés en France (« gros rouge »,« petit
blanc »...) sont des produits médiocres dépourvus de vertus gustatives et
manifestement toxiques par l'alcool qu'ils contiennent et les diverses
substances ajoutées pour la vinification, la conservation, le transport... On
sait, de plus, que la fraude est multiforme et très fréquente dans le monde
vinicole. C'est dire qu'il convient, notamment, de bannir tous les vins dits «
de table » pour ne consommer que des vins de hautes qualités gustatives.
Quelle est la quantité acceptable ?
C'est celle qui
entraîne une alcoolémie maximale de 0,20 g ; elle est de l'ordre de 1 verre
courant (1/6e de litre) de vin à 12° absorbé pendant un repas par un homme d'un
poids moyen. Ce verre de vin, rappelons-le, contient environ 15 g d'alcool pur.
Il faut noter toutefois
qu'un repas prolongé où l'absorption alcoolique est lente et faite en plusieurs
fois, peut permettre de dépasser légèrement la quantité indiquée.
Quel est le rythme acceptable ?
A moins de prises très
faibles, toute consommation alcoolique ne saurait être habituelle ou fréquente.
Elle ne peut être qu'irrégulière, rare, réservée à certains repas privilégiés,
ceci pour éviter le phénomène sournois de l'accoutumance et respecter la
dimension esthétique que doit revêtir toute consommation d'un produit
alcoolique.
Les boissons alcooliques autres
que le vin
La bière, le cidre
Ces boissons
contiennent beaucoup moins d'alcool que le vin. Les quantités « acceptables »
sont donc plus importantes. D'autre part elles contiennent du sucre qui réduit
la pouvoir toxique de l'alcool. Il reste que la bière est, dans certaines
régions, une source d'alcoolisation préoccupante, notamment chez les jeunes.
Les apéritifs, les digestifs
Ces boissons
alcooliques très fortes, dont la consommation augmente de façon notable depuis
un certain temps, ne peuvent être utilisées que rarement et avec grande
circonspection, étant donné leur teneur considérable en alcool (entre 15 et 45°
pour les premières, entre 30 et 54° pour les secondes).
Elles peuvent être
extrêmement dangereuses d'autant plus que s'y associe le vin consommé pendant
le repas. Il faut ajouter qu'elles contiennent souvent d'autres produits bien
plus toxiques encore que l'alcool éthylique.
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
La méconnaissance des
effets de l'alcool sur l'organisme - et plus précisément la méconnaissance des
effets du vin, principale boisson alcoolique consommée en France - représente
la cause essentielle du fléau qui depuis près de deux siècles perpétue ses
ravages sur le pays.
Pour aller à
l'essentiel on peut dire que les données simples, particulièrement utiles à
connaître mais restant ignorées d'un très grand nombre de Français concernent
avant tout :
- la quantité d'alcool
contenu dans le vin et les autres boissons alcooliques ;
- les relations entre
la quantité d'alcool ingéré et l'alcoolémie ;
- les relations entre
l'alcoolémie et les perturbations nerveuses et psychiques ;
- les conséquences de l'absorption fréquente d'alcool (phénomène de l'accoutumance).
------------------------------------------------------------------Pour
revenir au sommaire cliquez ici
----------------------------------Dr
A. Gaillard – Médecin honoraire du CHU de Nantes – décembre 2006